Articles du Décembre 2017

JEU ET ENJEU DE L’ÉDUCATION CHEZ PLATON ET ROUSSEAU : DE LA POLITIQUE CAPACITAIRE À LA POLITIQUE PARTICIPATIVE

L’éducation est une préoccupation pour Platon comme pour Rousseau. Le premier propose une éducation publique et sélective qui part des sciences subalternes aux sciences complexes. Ce schéma permet d’éliminer les individus les moins aptes pour conserver les brillants et faire d’eux les gouvernants de la cité. La question politique centrale ici est la capacité qui fait que les incapables restent artisans, les moyens sont gardiens et les meilleurs deviennent gouvernants. Chez Rousseau au contraire, l’éducation est privée. Elle respecte certes l’ordre de la nature, mais s’articule principalement autour de la liberté. En conséquence elle conduit à faire des hommes libres et une société égalitaire.

Mots-clés : Citoyenneté - Démocratie - Éducation - Égalité - Liberté - Participation - République

Kouassi Marcelin AGBRA | Université Alassane Ouattara

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LA CRITIQUE PLATONICIENNE DE LA DÉMOCRATIE : UN APPEL À L’ARISTOCRATIE PHILOSOPHIQUE

La démocratie tant idolâtrée aujourd’hui a été, de la part de Platon, l’objet de critiques acerbes. Pour ce dernier, les principes d’égalité absolue et de liberté excessive exaltés par ce régime, sont générateurs de troubles politiques et de perversion sociale. Ce faisant, ils ruinent l’harmonie de la vie communautaire et favorisent inéluctablement le déferlement de la misère dans les cités humaines. Par conséquent, ce pouvoir politique doit être sans condition ni réserve remplacé par un gouvernement aristocratique de type philosophique ; lequel permettra, par le moyen de l’éducation, l’avènement de la justice, de la paix et de la prospérité sociales.

Mots-clés : Aristocratie – Démocratie – Égalité – Gouvernement – Liberté – Philosophie – Prospérité.

Bi Gooré Marcellin GALA | Université Alassane Ouattara

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L’ESPACE ET LE TEMPS : DE L’ONTOLOGIE ANCIENNE À LA COSMOLOGIE MODERNE

De l’Antiquité à l’époque Moderne, les notions d’espace et de temps ont connu des mutations épistémologiques profondes. Ainsi, nous sommes passés de la dualité espace et temps dans l’ontologie ancienne à l’unité espace-temps dans la cosmologie moderne. Toutefois, il est intéressant de noter, d’une part, que les différents changements paradigmatiques qui ont profondément impacté nos conceptions du temps et de l’espace n’ont point invalidé nos préoccupations ontologiques concernant le cadre spatio-temporel. D’autre part, ces révolutions épistémologiques, dans le champ de la cosmologie moderne, nous conduisent à réinterroger les fondements épistémiques et cognitives de la philosophie traditionnelle. Ce texte, à travers une approche historico-analytique, montre que la cosmologie moderne puise dans l’ontologie ancienne des éléments théoriques et pratiques pour expliquer le sens et l’essence de l’existence des êtres et des choses dans leur rapport à l’espace et au temps.

Mots-clés : Énergie - Espace - Existence - Ontologie - Physique quantique - Temps - Théorie de la relativité

Mahamoudou KONATÉ | Université Alassane Ouattara

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L’HUMANISME NIETZSCHÉEN : UNE INVERSION DU PLATONISME

En faisant de la question de la perfectibilité humaine la préoccupation fondatrice de la philosophie, Platon, contrairement à Nietzsche, avait élaboré un humanisme philosophique à partir d’une volonté purificatrice de l’homme des souillures corporelles qui empêchent la raison de faire son ascension vers la substance des choses. Par cette délivrance, il estimait rendre l’homme encore plus humain. Cet humanisme platonicien dont les polissoirs sont la métaphysique, la morale et l’éducation, antinomique au paganisme comportemental du Grec, est pour Nietzsche, un humanisme subversif et nihiliste qui, au lieu d’humaniser l’homme, le rend encore plus inhumain. C’est contre ce nihilisme philosophique que Nietzsche s’insurge en construisant un humanisme inspiré de la culture helléniste dont l’un des attributs caractéristiques est le culte du corps. Pour lui, l’homme étant d’abord spécifiquement un corps avant d’être une raison, reconnaître, accepter et éduquer les attributs corporels, c’est cultiver un humanisme humain et trop humain qui rend l’homme encore plus parfait, plus perfectionné.

Mots-clés : Corps – Hellénisme – Humanisme – Idée – Purification – Raison – Souillure

Baba DAGNOGO | Université Alassane Ouattara

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SOCRATE ET JÉSUS : DEUX RÉVOLUTIONNAIRES AUX DESTINS SIMILAIRES

Les rapports historiques antinomiques entre la philosophie et la religion pourraient laisser croire qu’il existe une opposition radicale entre Socrate et Jésus. Cette croyance, qu’on pourrait mettre sur le compte d’une critique de l’ordre de l’apparence, trouve ses limites dans une comparaison possible entre ces deux personnages qui ont révolutionné la pensée morale sociale . Précurseurs respectifs de la pensée platonicienne et de la pensée chrétienne, Socrate et Jésus présentent plusieurs traits de ressemblance qui justifient leur possible rapprochement. Une vie de modèle, une vision nouvelle éclairée des choses, une condamnation injuste et tragique, une influence positive et indéniable sur le cours de l’histoire de l’humanité ; voilà les traits caractéristiques qui ont marqué similairement la vie de deux personnages dont l’analogie est frappante.

Mots-clés : Christ – Destin – Dieu – Morale – Socrate

Ange Allassane KONÉ | Université Alassane Ouattara

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