Articles du Décembre 2018

L’IMAGE PHILOSOPHIQUE DU MYTHE DANS LA PENSÉE DE PLATON

Le culte de l’abîme entre l’eikon et l’eidos, entre l’image et l’idée, chez Platon, se heurte au refus d’inscrire l’image dans la radicalité d’une ontologie différentielle avec ce dont elle est l’image. Il découvre, en face de soi, un type de pensée qui avance que l’image est un succédané de son référent, que la copie n’est pas l’autre que l’original, mais plutôt son autre. Aussi lit-il dans le mythe une image de la philosophie, image manifestée par l’analogie de la ligne et le dualisme de l’allégorie de la caverne.

Mots-clés : Dualisme – Idée – Image – Ligne – Mythe – Philosophie – Platon

Donissongui SORO | Université Alassane Ouattara

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DÉMOCRATIE ET DÉMAGOGIE : CONTRIBUTION À UNE CRITIQUE PLATONICIENNE DE LA CRISE DU LOGOS

L’invention de la démocratie fut pour les Athéniens de l’Antiquité une fierté. Elle répondait à leur idéal de liberté qui se définissait comme le refus de se soumettre à l’arbitraire ou au pouvoir d’un seul. En effet, dans le système démocratique, le peuple est le titulaire du pouvoir politique. Mais, cette forme d’organisation politique ne fut pas exempte d’effets pervers. En valorisant la liberté d’expression, elle contribua à la culture de la rhétorique qui se mua en une démagogie ; car, les hommes politiques se contentaient de faire prévaloir leurs intérêts personnels à l’Assemblée par l’art de la parole, en séduisant le peuple ignorant afin de gagner sa faveur. Dans sa réflexion, Platon dénonce cette instrumentalisation démagogique du logos. Pour lui, le langage n’est pas un simple instrument de domination et de manipulation des foules. Il est un moyen de connaissance, d’éducation et de préservation de l’intérêt de la cité tout entière.

Mots-clés : Cité – Démagogie – Démocratie – Liberté d’expression – Logos – Peuple – Rhétorique

Fatogoma SILUÉ | Université Alassane Ouattara

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DE LA RÉFÉRENCE À LA TRADITION ÉGYPTIENNE CHEZ PLATON COMME CONTESTATION DE LA MODERNITÉ

À l’époque de Platon, la cité d’Athènes était plongée dans de graves crises sociopolitiques qui ont détruit son hégémonie et déstructuré l’empire grec. Pour Platon, la cause de ce double déclin : celui d’Athènes et celui de la Grèce elle-même, c’est la conception de l’éducation des anciens Grecs. Car, elle ne constituait pas un système éducatif adéquat pour la formation de citoyens capables de respecter les lois en vue de la bonne marche de la cité. Face à l’instabilité sociopolitique, Platon s’est donc référé à l’Égypte qui, à travers la conservation de sa tradition est apparue comme le modèle d’État stable. Une telle référence au respect et à la conservation de la tradition égyptienne constitue une contestation de la modernité comme quête perpétuelle du nouveau qui corrompt les mœurs et déstabilise les États.

Mots-clés : Éducation – Égypte – Grèce – Modernité – Permanence – Stabilité – Tradition

Nanou Pierre BROU | Université Alassane Ouattara

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CONDITION FÉMININE ET STATUT POLITIQUE DE LA FEMME CHEZ ARISTOTE ET CHEZ SPINOZA À L’ÈRE DE LA PROMOTION DU GENRE

La femme, dans les philosophies aristotélicienne et spinozienne, se réduit à un objet de désir sexuel. Source de convoitise, de haine et d’instabilité sociale, elle est une espèce incomplète ou imparfaite, contrairement à l’homme qui est un être parfait et complet. Pour tout dire, la femme est un être sans âme, car incapable de procréer sans la semence masculine. Ces caractéristiques constituent, pour ces deux philosophes, des motifs suffisants pour qu’elle soit exclue de la vie politique. De telles philosophies, aux relents misogynes, ne peuvent avoir une audience favorable dans les sociétés contemporaines où les femmes et les hommes se partagent les responsabilités politiques. Ce progrès est à mettre à l’actif de la philosophie du genre qui a énormément influencé les mouvements féministes qui luttent, de nos jours, pour la promotion du genre.

Mots-clés : Citoyenneté – Droits de l’homme – Féminisme – Inégalité – Misogynie – Philosophie du genre – Promotion du genre

NAMAN Seni Berni | Université Alassane Ouattara

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LE PLAISIR, UN PRINCIPE D’ÉDUCATION SELON ARISTOTE

Contrairement à Platon qui, dans La République, donnait au plaisir une certaine note dépréciative, le faisant passer pour un signe de perversion morale et donc de contreéducation, chez Aristote, ce concept connaît un exceptionnel regain d’intérêt. Pour Aristote, en effet, vu que toute activité humaine est toujours accompagnée de plaisir, et qu’il reste fondamental pour une meilleure vie éthique et théorétique, alors on devrait en tenir compte dans l’éducation de base des jeunes aristocrates. Dès lors, le plaisir se présente, chez le Stagirite, comme un facteur déterminant dans l’éducation du citoyen. Cela implique que le plaisir d’imitation et le plaisir musical constituent des instruments pour l’éducation des jeunes. Dans cette étude, à travers une démarche exégéticocritique, nous montrerons que le plaisir représente un principe clé dont la considération dans le plan éducatif s’avère impératif pour une éducation authentique dans la cité.

Mots-clés : Aristote – Bien – Éducation – Imitation – Musique – Plaisir – Souverain bien

François Koudou OZOUKOU | Université Alassane Ouattara

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LA PSYCHOLOGIE STOÏCIENNE : DU BON USAGE DE NOS REPRÉSENTATIONS

La philosophie stoïcienne revêt une dimension existentielle incomparable, car c’est un mode de vie qui est basé sur des règles morales, jugées parfois austères, mais efficaces pour toute personne en quête du bonheur. Difficile ou même impossible à réaliser, ce bonheur dépend pourtant de nous. Quand nous abordons la théorie de l’âme et de la connaissance stoïcienne, nous découvrons que les stoïciens identifient la faculté directrice, l’Hégémonique, au moi, mais démontrent également sa dimension toute pratique à travers sa puissance du choix et de la décision (la prohairesis). C’est, en effet, par le bon usage de nos représentations que nous accédons à la «tranquillité totale », au bonheur. Ce faisant, l’étude de la théorie stoïcienne des idées et de l’âme est une condition nécessaire à la compréhension de la dimension existentielle. Telle est la thèse défendue dans cette analyse.

Mots-clés : Âme – Assentiment – Bonheur – Connaissance – Corps – Hégémonique – Jugement – Représentation – Stoïcisme

Khalia Haydara | Université Cheikh Anta Diop

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HEIDEGGER, UN SPÉCIALISTE MODERNE DES PRÉSOCRATIQUES

Dans l’histoire de la pensée philosophique, Heidegger est l’un de ceux qui ont engagé un dialogue de pensée avec les présocratiques. Son cours de 1932 est le premier à aborder leurs pensées sous langle du commencement qui sy joue. C’est le motif du commencement qui va orienter la lecture qu’il entreprendra pour la recherche dun autre commencement, à partir du dialogue avec les textes présocratiques. Il croit retrouver chez eux, une première expérience de la pensée de lÊtre, notamment avec la notion de phusis ( φύσις), quil voit comme un écho anticipé de ses propres intuitions. Il se tient à lécoute de cette parole initiale, non par curiosité historique, mais pour dégager lexpérience qui y demeure abritée. Retourner, recourir aux présocratiques, c’est savoir « s’entretenir au ciel de l’essentiel » (M. Caron, 2012, p.118). Heidegger reste donc l’un des spécialistes modernes des présocratiques qui ont participé aux origines philosophiques.

Mots-clés : Cosmogonie – Être – Origine – Philosophie grecque – Phusis – Présocratique

Pascal Dieudonné ROY-EMA | Université Alassane Ouattara

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