ISSN-L : 2617-0051
La conception spinoziste du libre arbitre rompt avec la tradition philosophique classique qui confère à l’homme une capacité d’auto-détermination. Descartes et les théologiens voient dans la volonté humaine une faculté souveraine de choisir entre le vrai et le faux, le bien et le mal. Chez Spinoza, au contraire, l’idée de volonté libre n’est qu’une illusion née de l’ignorance des causes qui déterminent nos actions. En conséquence, l’homme est métaphysiquement innocent, car il n’agit jamais librement, mais par nécessite. Dès lors, cette innocence métaphysique, qui tient au fait que l’homme agit par nécessité selon les lois de la Nature, s’articule avec l’idée d’une responsabilité civile du sujet sur le plan politique où la nécessité de préserver la stabilité du corps politique se pose avec acuité. Le présent article met en évidence l’existence d’une passerelle entre les domaines métaphysique et politique dans le penser spinosiste, et ce, sur le fond d’une réinterprétation de la liberté et de la responsabilité civile.