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Author(s):
Fatogoma SILUÉ.
N° : 1-15
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DU MYTHE D’ÉPIMÉTHÉE ET DE PROMÉTHÉE AUX DROITS DE L’HOMME : LA PROTECTION DE L’HOMME EN QUESTION
Résumé
L’une des idées-forces qui a suscité la lutte contre les abus du pouvoir politique, et
qui a abouti à la Déclaration universelle des droits de l’homme, est la protection de l’être
humain. À l’analyse, cette idée n’est pas strictement moderne. Elle a un fondement
mythique ancien que l’on peut situer dans le mythe d’Épiméthée et de Prométhée raconté
par Protagoras dans son dialogue avec Socrate au sujet de la vertu. D’origine mythologique,
cette idée est pertinente, car elle permet d’assurer à l’être humain une existence sociale libre,
paisible et épanouie, loin de tout abus politique. Moyen de lutte contre l’arbitraire du
pouvoir politique, elle mérite d’être davantage valorisée.
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Author(s):
YAO Odilon.
N° : 16-28
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LA RHÉTORIQUE SOPHISTIQUE : FLATTERIE OU PERSUASION RATIONNELLE EFFICACE
Résumé
Il est quasiment impossible de dissocier, lorsqu’on lit Platon, la rhétorique
sophistique de l’art de la persuasion qui trouve son point d’achèvement dans la tromperie
et le mensonge. Il reproche aux sophistes de persuader en usant de paroles trompeuses pour
produire des simulacres de vérité. Dans cette perspective, la force persuasive de cette
rhétorique serait synonyme de tromperie et de mépris de la vérité. Pourtant, à l’analyse, la
rhétorique sophistique ne saurait s’épuiser dans les critiques de Platon, parce qu’elle est un
véritable art de persuasion rationnelle et efficace.
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Author(s):
Bi Gooré Marcellin GALA.
N° : 29-46
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PLATON ET ROUSSEAU : LE RECOURS AUX LOIS SOCIALES COMME REMÈDE AU PESSIMISME ANTHROPOLOGIQUE
Résumé
Ce texte examine les visions pessimistes de la nature humaine chez Platon et
Rousseau. Platon voit l’homme comme un être naturellement enclin au désordre, chez qui les
passions perturbent la justice intérieure. Rousseau, au contraire, croit que l’homme naît bon
mais que la société le corrompt. Tous deux estiment que la loi est nécessaire pour régénérer
l’individu et l’organisation sociopolitique. Pour Platon, la loi est une médecine de l’âme qui
guide l’individu vers la vertu, sous l’autorité des philosophes. Rousseau la considère comme
l’expression de la volonté générale, permettant au peuple de rétablir l’ordre et la justice
collective. Dans les deux cas, la loi est perçue comme un moyen rationnel de corriger les
défaillances, c’est-à-dire les passions et les limites humaines. Cette réflexion demeure
pertinente pour la citoyenneté, la gouvernance et l’éthique publique aujourd’hui.
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Author(s):
N’Goh Thomas KOUASSI.
N° : 47-61
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LA JUSTICE SOCIALE CHEZ PLATON ET RAWLS : ENTRE OPPOSITION DES FONDEMENTS ET CONVERGENCE DES FINALITÉS
Résumé
La question de la justice sociale traverse l’histoire de la philosophie, opposant,
chez Platon et Rawls, deux conceptions distinctes, mais convergentes dans leur finalité.
Platon fonde la justice sur une hiérarchie naturelle des classes et l’harmonie collective,
où chaque individu doit remplir sa fonction propre, assurant ainsi l’ordre et la stabilité de
la cité. Sa théorie repose sur le mythe des métaux, qui légitime les inégalités comme
nécessaires au bien commun. Rawls, en revanche, définit la justice comme équité, centrée
sur l’égalité des droits et le respect du pluralisme, fondée sur le consentement rationnel
dans la position originelle. Il propose deux principes : l’égalité des libertés fondamentales
et le principe de différence, permettant des inégalités seulement au bénéfice des plus
économiquement défavorisés. Contrairement à Platon, Rawls repose la stabilité sociale
sur l’adhésion volontaire et la légitimité démocratique. Malgré leurs divergences, les deux
auteurs s’accordent sur l’idée que la justice est la condition d’une société stable et
cohérente, capable d’organiser la coexistence et la coopération entre les hommes.
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Author(s):
ESSE Kouassi Roméo.
N° : 62-78
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L’ORGANISATION DE LA CITÉ PARADIGMATIQUE PLATONICIENNE : UN MODÈLE POUR L’AFRIQUE
Résumé
L’un des maux qui rongent le continent africain est perceptible aux trois
niveaux politique, social et économique. Au niveau politique, nous assistons à la
confiscation du pouvoir exécutif et à la démagogie. Au plan social, la prostitution,
l’insécurité et la pauvreté s’aggravent. Au niveau économique, les différents secteurs
d’activité, notamment le secteur primaire, le secteur secondaire et le secteur tertiaire ne
sont pas organisés. Ce mal ternaire entrave la prospérité de l’Afrique. Pour parer cela,
l’Afrique doit adopter l’organisation politique, sociale et économique élaborée par
Platon. Le développement de l’Afrique passe inévitablement par la stabilité politique,
sociale et économique, telle que la propose Platon.
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Author(s):
N’gouan Yah Pauline ANGORA épse ASSAMOI.
N° : 79-94
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LES AMBIGUÏTÉS DE LA LAÏCITÉ : CONTRIBUTION AUGUSTINIENNE À UN COMPROMIS ENTRE LE RELIGIEUX ET LE POLITIQUE
Résumé
La laïcité est souvent perçue à la fois comme une garantie de liberté et comme une
source de tensions, notamment dans les sociétés pluralistes. La pensée politique de Saint
Augustin, fondée sur la distinction entre la Cité de Dieu et la cité terrestre, offre une vision
nuancée du rapport entre religion et politique. Elle ne prône ni théocratie ni indifférence
religieuse, mais une coexistence orientée vers le bien commun. Le religieux, sans
dominer, peut enrichir l’éthique publique. Ainsi, face aux ambiguïtés de la laïcité, Saint
Augustin invite à dépasser les oppositions rigides pour un compromis entre le religieux
et le politique. Sa pensée, bien qu’antérieure au concept moderne de laïcité, inspire une
laïcité ouverte, respectueuse de la pluralité et de la transcendance, en mettant fin à toute
ambiguïté destructrice.
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Author(s):
KOUAKOU Aodji Éric.
N° : 95-108
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LE LIBRE ARBITRE CHEZ SPINOZA : ENTRE INNOCENCE MÉTAPHYSIQUE ET RESPONSABILITÉ CIVILE
Résumé
La conception spinoziste du libre arbitre rompt avec la tradition philosophique
classique qui confère à l’homme une capacité d’auto-détermination. Descartes et les
théologiens voient dans la volonté humaine une faculté souveraine de choisir entre le vrai
et le faux, le bien et le mal. Chez Spinoza, au contraire, l’idée de volonté libre n’est qu’une
illusion née de l’ignorance des causes qui déterminent nos actions. En conséquence,
l’homme est métaphysiquement innocent, car il n’agit jamais librement, mais par
nécessite. Dès lors, cette innocence métaphysique, qui tient au fait que l’homme agit par
nécessité selon les lois de la Nature, s’articule avec l’idée d’une responsabilité civile du
sujet sur le plan politique où la nécessité de préserver la stabilité du corps politique se
pose avec acuité. Le présent article met en évidence l’existence d’une passerelle entre les
domaines métaphysique et politique dans le penser spinosiste, et ce, sur le fond d’une
réinterprétation de la liberté et de la responsabilité civile.
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Author(s):
Désiré GUI.
N° : 109-126
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LIBERTÉ ET BONHEUR DANS LA MORALE KANTIENNE : SENS ET ENJEUX POUR UNE SAISIE DES ACTES RELATIFS AU PHÉNOMENE DU SUICIDE
Résumé
La philosophie kantienne, dans son versant pratique, invalide toute fondation de
l’agir rationnel sur le bonheur, en tant que celui-ci est un idéal de l’imagination.
Autrement dit, « du fait de l’existence d’une faculté de désirer supérieure, le désir d’être
heureux n’est pas le seul désir de l’homme, ni son désir le plus profond » (J-M. Vaysse,
2007, p.35). Ce passage de la terminologie de Kant montre clairement les limites de
l’eudémonisme qui fonde la mise au pinacle des impératifs hypothétiques. Avec la
recrudescence du terrorisme, et surtout du phénomène du suicide à travers les attentatssuicides,
la
nécessité
de
questionner
à
nouveau
frais
la
problématique
du
bonheur
dans
le
philosopher
kantien
s’impose.
Quel
sens
revêt
le
suicide
à
la
lumière
de
la
conception
kantienne
du bonheur ? En séjournant dans le philosopher kantien, ce questionnement
conduit ici à appréhender le suicide et ses conséquences comme la négation de la liberté
et de la sociabilité.
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Author(s):
DAGNOGO Baba.
N° : 127-145
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LA CULTURE DE L’ÉCRAN ET L’IMPÉRATIF NIETZSCHÉEN DU CHANGEMENT DE PARADIGME PÉDAGOGIQUE
Résumé
L’éducation est comme ce serpent qui, en refusant de faire sa mue, se condamne
à mourir. En tant que principale force de développement de toute société, elle est appelée
à évoluer en s’inscrivant dans un processus de changement afin d’être en adéquation avec
les sociétés qui se nourrissent d’elle. C’est pourquoi, nos sociétés d’aujourd’hui,
déterminées par la culture de l’écran, invitent à intégrer les instruments numériques dans
les processus éducatifs comme moyens didactiques. Cela nécessite une nouvelle manière
d’enseigner qui est la pédagogie du conditionnement opérant.
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Author(s):
Esso-Houna KOYE, Bantchin NAPAKOU.
N° : 146-170
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POLITIQUES ÉCOLOGIQUES ET TRANSFORMATIONS STRUCTURELLES EN AFRIQUE
Résumé
Dans leur projet de développement durable, les pays africains sont confrontés
à des problèmes socio-économiques, alimentaires, sanitaires, éducatifs, énergétiques
occasionnés par la crise environnementale. Cette situation les plonge dans l’incertitude
par rapport à l’atteinte des objectifs des agendas de 2030 (ODD) et 2063 (Union
africaine). Malgré les tentatives de transformations structurelles dans la mise en œuvre
dudit projet, les mêmes difficultés persistent. Ce travail vise à susciter des politiques
d’implémentation capables de remédier à ces différents défis, en ayant recours à des
politiques écologiques favorisant une économie verte qui englobe les dimensions
économique, environnementale et sociale du développement durable
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Author(s):
N’gouan Mathieu AGAMAN, Kouamé YAO.
N° : 171-190
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PHÉNOMÉNOLOGIE D’UNE DIGITALITÉ ALIÉNANTE. POUR UNE RESPONSABILITÉ ACCRUE DE L’HOMME DANS LES PRISES DE DÉCISONS JURIDIQUES ET SOCIOPOLITIQUES
Résumé
La gouvernance politique, traditionnellement ancrée dans la délibération
humaine, subit une mutation ontologique sous l’effet de la digitalité algorithmique.
L’Intelligence Artificielle, instance a-subjective, déconstruit la spatialité et la temporalité
du pouvoir, substituant à la souveraineté populaire une gouvernementalité algorithmique
fondée sur la préemption et la prédiction. Cette transition engage une reconfiguration de
l’intentionnalité politique, où l’humain, réduit à un objet de données, s’efface face à la
rationalité techno-gestionnaire. L’aliénation numérique qui en découle appelle à une
réévaluation critique du rapport entre autonomie démocratique et automatisation, afin de
réinscrire l’agir politique dans une éthique du contrôle humain sur la machine.
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Author(s):
Michel SAHA.
N° : 191-204
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LA SÉMANTIQUE DE LA MIGRATION CHEZ LES AKAN
Résumé
Les Akan ont connu des migrations avant de s’installer définitivement sur les
territoires où ils vivent aujourd’hui. Au cours de ces déplacements, ils ont fait
l’expérience de certaines opportunités qui leur ont permis d’amasser des richesses et
d’acquérir de nouvelles connaissances. Cette situation conduit à la question : dans quelle
mesure, la migration, est-elle dans les représentations des Akan, perçue comme un vecteur
d’amélioration des conditions de vie, de richesse et de connaissance ? Et quelles sont les
limites d’une telle vision ? Notre objectif est de mettre en évidence la conception que les
Akan ont de la migration et les limites qu’une telle conception pourrait comporter. La
méthodologie se fonde sur les travaux d’auteurs qui se sont intéressés à ce sujet. Il ressort
de cette contribution que, même si pour les Akan, la migration participe à
l’épanouissement et à l’amélioration des conditions de vie, de richesse et de connaissance
des migrants, il n’en demeure pas moins que ce phénomène a aussi des inconvénients.
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Author(s):
YEO Yallamissa.
N° : 205-219
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LE PORO COMMUNAUTAIRE SÉNOUFO ET LA MODERNITÉ : DE LA DIFFICILE CONCILIATION
Résumé
La question de la culture africaine, en général, et du poro des Sénoufo, en
particulier, préoccupe les autorités administratives dans la ville de Korhogo. Jadis
considéré comme le cadre fondamental de la formation spirituelle et éducationnelle du
peuple sénoufo, la pratique du poro apparaît, aujourd’hui, une menace pour la
cohabitation pacifique des peuples dans la cité du poro. Mais, au vu du rôle immense
qu’il joue dans l’identité sénoufo, il mérite d’être repensé. Pour y parvenir, la méthode
holistique est convoquée pour permettre de penser tous les aspects de cette pratique
culturelle. Une telle méthode permet de sensibiliser à la fois les initiés afin qu’ils
organisent des assises pour penser et panser le mal qui ronge leur poro, mais aussi les
non-initiés pour une meilleure connaissance de la culture sénoufo.